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Soigner les mourants: un exemple

Dans ce texte, Christoph von Dach nous donne un exemple de ce que sont les soins au quotidien dans une clinique anthroposophique. Il nous raconte l'histoire d'un jeune père de famille décédé à la Clinique Lukas.

Lorsque C. est arrivé chez nous, son cancer était très avancé, il avait besoin de soins intensifs et sa mort était imminente. Ses deux filles âgées de 7 et 9 ans et sa femme étaient sous le choc. Dans les semaines de son séjour chez nous, il était impressionnant de suivre son évolution, de même que celle de sa famille, qui est passée de l'incompréhension totale à l'acceptation de la mort.

Au début, à côté des soins, nous voulions nous faire une image de sa vie: quelle était sa biographie, quels étaient les liens avec sa famille et son environnement, quels étaient ses intérêts? Nous lui avons dispensé des massages rythmiques enrobants et réchauffants, afin de lui donner un sentiment de protection et de chaleur dans son désarroi. L'assistance à sa famille a été paralllèment une tâche importante. Son épouse a du dans un temps très court se représenter qu'elle allait vivre seule avec les enfants. Elle passait beaucoup de temps avec son mari, ce qui causa un conflit entre ses propres besoins et ceux des enfants. „Que se passera-t-il s'il meurt et que je ne suis pas là?“ se demandait-elle.

Nous avons essayé de l'encourager à avoir confiance, que ce sera bien, comme cela viendra. Il y a des personnes qui meurent au moment où leurs proches rentrent d'un voyage ou ceux qui s'endorment après une longue nuit de veille. Avec le temps, elle se détendait. Lorsque nous entrions dans la chambre, il y avait souvent une athmosphère de bien-être, quand bien même la situation était lourde sur le plan des soins et de l'âme.

Trois semaines avant sa mort, C. est devenu inconscient. Ainsi s'ouvrait un nouveau chapitre. Il était émouvant pour nous de voir ce qui s'est passé pendant cette période. Souvent, l'épouse était assise à côté du lit et lui racontait des souvenirs. Les enfants étaient autour ou parfois dans le lit, et nous avions l'impression que ces longs moments d'adieu étaient très significatifs pour eux. Cette ambiance familière semblait faire du bien au malade, malgré la progression rapide et agressive de sa maladie.

Nous avons poursuivi les massages rythmiques afin d'encourager le lâcher-prise du corps physique. Nous avons, à côté des anti-douleurs conventionnels, utilisé des moyens anthroposophiques, comme les compresses, les enveloppements et des lavements.

C. est mort tranquillement un matin, en présence de sa femme. Pour la famille, un nouveau chapitre commençait avec la perte du père et du mari. Nous les avons invités à venir quand ils le désiraient chez nous pour parler. Durant les trois jours que la dépouille était dans la chambre funéraire, la femme et les enfants sont venus le visiter souvent, lui lisant des textes et lui apportant des dessins. C’était une phase importante dans le travail de deuil. Du côté de la clinique, l'équipe s'est rencontrée une semaine après pour échanger et pour clore ce processus avec un poème.

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Christoph von Dach est responsable de l'équipe de soins de la Clinique Lukas à Arlesheim.

 

 

www.medienbuero.ch | 30.06.09 
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